18/01/2010 : Le haut débit mobile français parmi les plus chers en Europe

Les utilisateurs français de communications haut débit mobiles peuvent se sentir floués. En effet, une étude commanditée par le GSMA, un regroupement mondial d'acteurs télécoms mobile, vient de révéler qu'en France, les tarifs de la 3G/3G+ sont parmi les plus chers d'Europe : jusqu'à 85 euros pour quatre gigaoctets transférés. Seul l'Allemagne fait mieux, avec presque 45 euros par gigaoctet. A contrario, les opérateurs du Royaume-Uni font payer moins de 5 euros par gigaoctet, voire 17 euros pour trois gigaoctets. Pour le GSMA, cette tarification exorbitante freine l'adoption de la 3G, et en particulier des offres HSPA et HSPA+, ses derniers dérivés. Ce qui expliquerait pourquoi la France est la moins bien développée dans ce domaine, avec seulement 5,2 millions de connexions HSPA, contre 8,9 millions pour l'Allemagne, 9,6 millions pour le Royaume-Uni et 12,5 millions pour l'Italie. « Mais les opérateurs français commencent à faire des efforts, avec l'introduction notamment d'un tarification non plus à l'usage, mais au forfait. Ce qui est plus intelligible pour l'utilisateur », explique Dan Warren, directeur technique du GSMA.
L'arrivée de Free bouleverse les stratégies

Selon le GSMA, ces nouvelles stratégies commerciales sont la conséquence de l'arrivée de Free Mobile. « Les opérateurs se préparent déjà, car ce quatrième opérateur va certainement proposer un modèle de service différent, tant en terme de prix que de débit », précise le directeur. D'ailleurs Free annonce déjà la couleur. L'opérateur a révélé lundi dernier sur France Culture qu'il allait intégrer des femtocellules – ces stations de base miniatures 3G – dans ses Freebox de manière optionnelle. Ce qui lui permettra non seulement de proposer des offres couplées DSL/3G, mais aussi d'avancer plus vite dans la couverture du territoire, le trafic mobile passant alors par le réseau fixe. Quoiqu'il en soit, le GSMA estime qu'en Europe, le nombre d'abonnés 3G – et donc les revenus associés – devrait croître significativement ces prochaines années. Peut-être d'ailleurs au détriment du marché du DSL. « C'est ce qui s'est passé en Autriche. Les tarifs du haut débit mobile étaient tellement bas que les utilisateurs commençaient à délaisser le haut débit fixe », conclut Dan Warren.

Pour un bon voisinage entre LTE et Wimax

Le marché du haut débit mobile n'est pas encore arrivé à maturité que celui du très haut débit mobile se prépare déjà. Dans beaucoup de pays, dont la France, ce dernier s'appuiera sur les technologies LTE ou Wimax, dans la bande de fréquences 2,6 GHz. Le GSMA a précisé qu'il était favorable à une séparation de cette bande de fréquence entre une partie à multiplexage temporel (Time Division Multiplexing) et une partie à multiplexage par fréquence (Frequency Division Multiplexing). En effet, le TDM est utilisé par le Wimax et le FDM par le LTE. Mais les deux types de multiplexage ne cohabitent pas très bien et peuvent générer des interférences ou des pertes de données s'ils sont trop proches en termes de fréquences. Dans l'Hexagone, l'attribution des fréquences dans la bande 2,6 GHz est prévue pour le second semestre 2010, en même temps que celle des fréquences issues du dividende numérique (800 MHz).


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