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25/06/2008 : HTC Diamond, un coup de force technologique presque parfait
Maquiller Windows Mobile, lui donner une apparence inédite,
interactive, capable de rivaliser avec les interfaces les plus abouties : HTC
a le don d’avoir redonné vie à un système d’exploitation
vieillissant. Avec le HTC Diamond, le coup de force est visuel. Certes, le dernier
tactile de la marque a des défauts, mais s’il est aujourd’hui
un constructeur capable de créer envie et engouement en dehors de l’intouchable
Apple, c’est HTC qui arrive en première ligne. Voici nos impressions,
après quelques jours d’utilisation du HTC Diamond en version UK,
un an presque jour pour jour après le HTC Touch 1.
Les livraisons avaient du retard. Le HTC Diamond devrait arriver
dans les prochains jours en Belgique dans sa version française. Nous
avons eu la possibilité de tester une version “UK” de ce
téléphone tactile. Hésitations : équipé d’un
firmware datant de la fin du mois de mai, le HTC Diamond ne brillait pas par
sa vélocité. Nous avons attendu la disponibilité d’une
mise à jour logicielle (137.405.1 WWE) pour nous atteler à une
présentation de nos premières impressions.
D’emblée, les lignes épurées et
la forme compacte de l’appareil séduisent. C’est un terminal
élégant, soigné et d’apparence solide. Son écran
2,8 pouces affiche une résolution VGA de 480 sur 640 pixels. L’écran
est brillant et d’une lisibilité très proche de l’iPhone.
Le premier démarrage est long, lent. Celui de l’interface 3D (Touchflo)
ne brille pas non plus par sa vélocité. Une fois “TouchFlo”
mis en mémoire (comptez 1' voire 1'30), la perspective d’éteindre
l’appareil pour revivre ce démarrage fastidieux peut rebuter plus
d’un.
Les premières impressions sont capitales. Nous disposions
jusqu’à ce jeudi d’une version du logiciel interne à
la fois lente et peu réactive. La mise à jour - celle qui va équiper
les terminaux disponibles sur le marché dès aujourd’hui
- métamorphose l’appareil.
L’interface TouchFlo 3D se compose d’une série
d’onglets donnant accès à un écran d’accueil
revu, à vos contacts favoris, aux SMS/SMS, à vos courriels, à
Internet, vos photos, votre musique, la météo, aux réglagles
de base (son, papier peint, connexions, données) et à vos applications.
La navigation d’un onglet à l’autre manque encore de fluidité.
Globalement, la finition de l’interface est irréprochable.
Elle gagnerait à gangrener le reste de l’interface Windows Mobile,
car, à vrai dire, le problème principal de ce téléphone
et de ce système d’exploitation est là : une fois cet oasis
de modernité quitté, on se retrouve face à des menus, des
icônes et une architecture d’interface d’un autre âge.
Impression ? Avec un brin d’humour, on pourrait croire qu’une grand-mère
est habillée d’une robe de gala, vêtement qui parvient pas
encore à cacher rides et varices. Gageons que cela n’intimidera
pas les habitués du système, comme les professionnels. En attendant
Windows Mobile 7, la coexistence des ces 2 générations, choquantes
d’un point de vue purement esthétique, est inévitable. HTC
réussit tout de même un coup de maître dans le make up. Avec
force et brio.
Peut-on échapper au bon vieux Windows Mobile ? Dans
la plupart des cas, oui. HTC a ainsi maquillé la plupart des fonctions
usuelles, allant de la lecture des SMS au changement d’arrière-plan
en passant par la gestion de ses photos et surtout de sa musique. Car l’innovation,
dans ce domaine, est manifeste. Le lecteur média intégré
à l’interface TouchFlo 3D est novateur. Il se présente sous
la forme d’une collection de couvertures d’album qu’il suffit
de faire glisser. Le lecteur dispose d’une interface plus complète,
donnant accès aux listes de lecture, aux genres, aux albums et à
des options de configuration du son. Le rendu sonore n’est pas optimal
: la faute à des écouteurs stéréo dignes des pires
baladeurs à cassette des années 80. Ils seront avantageusement
remplacés par un connecteur jack 3,5 mm en option, signé HTC,
et qu’il n’eût pas été inutile d’intégrer
au paquetage, comme le font Sony Ericsson, LG ou encore Nokia. Après
tout, assumer une ouverture au multimédia, c’est aussi soigner
le rendu sonore. La radio FM RDS jouit d’une interface elle aussi retravaillée.
Elle représente un “plus” indéniable pour ceux qui,
comme moi, trouvent son absence sur l’iPhone regrettable, alors qu’elle
équipe la plupart des terminaux, tous constructeurs confondus, sauf…
l’iPhone et le Blackberry. La radio FM se manipule aisément et,
pourvu que l’on utilise le casque fourni, sa réception est excellente.
Quid de l’écriture des messages (email, SMS, MMS)
? La présence de claviers virtuels - qu’il est possible de piloter
au doigt et au stylet - ne pose plus aucun problème. Plusieurs claviers
sont proposés, dont un “full AZERTY” très proche de
celui de l’iPhone. Il est véloce et intuitif. Malheureusement,
l’interface permettant d’écrire les messages n’a pas
été retravaillée par HTC. On se retrouve donc dans les
austères fenêtres de Windows Mobile. Gageons que nombre d’applications
tierces viendront combler ce vide esthétique. Idem pour le gestionnaire
de contacts : s’il est possible de manipuler ses contacts favoris depuis
l’écran d’accueil, un repértoire volumineux ne sera
accessible que depuis l’ancienne interface de répertoire. Ici comme
ailleurs, l’impression est mitigée : HTC eût clairement pu
étendre son savoir faire en matière de redéfinition des
interfaces Windows à la fois dans la messagerie et dans le répertoire.
Internet ? La connectivité sans faille - WiFi, EDGE,
UMTS, HSDPA - couvre tous les besoins et de toutes les situations. Le navigateur
Opera 9.5, proche de Mobile Safari en terme d’interface, vient à
bout de la plupart des pages web. Il convient à présent d’améliorer
la prise en charge du Flash sur les modèles européens et de rendre
la consultation des pages aussi fluide que Mobile Safari. Les effets de zoom
et l’affichage en plein écran des pages - automatisé - peuvent
s’avérer déroutants. L’onglet ‘Internet’
de l’inteface TouchFlo comprend l’accès au navigateur, aux
signets et à un logiciel Youtube intégré. Proche de celui
de l’iPhone. Attention : Opera 9.5 et Youtube sont gourmands et il va
être difficile, dès que vous visualisez une page, de vous contenter
des maigres forfaits offerts par les opérateurs. Armez-vous d’un
forfait mensuel solide (200 Mo ou plus) si vous souhaitez utiliser les fonctionnalités
Internet, surtout en 3G+, de votre HTC Diamond.
L’onglet météo est sans doute l’élément
le plus “anecdotique” de l’ensemble. Et pourtant, on interface
force l’admiration. Il peut contenir un grand nombre de villes et dispose
d’animations correspondant à tous types de météo
: plein soleil, nuages et averses. L’animation “averses” a
fait couler beaucoup d’encre et d’huile de bras sur clavier : elle
se présente sous la forme de nuages très sombres desquels tombe
la pluie ; l’écran est ensuite nettoyé par des essuie-glaces.
Amusant.
La qualité photo est honnête pour un appareil
de ce type. En extérieur, les photos sont claires et les futures mises
à jour viendront sans doute améliorer le traitement de la prise
de vue. L’autofocus est rapide et, globalement, peu de reproches sont
à faire à l’appareil, si ce n’est l’absence
de flash, rendant difficile la prise de vue à l’intérieur,
voire impensable dans la pénombre.
La capacité de stockage du HTC Diamond est de 4 Go.
La connexion USB 2.0 est rapide et proche de l’expérience fournie
par un iPod ou un disque dur externe. Enfin, nous avons testé le GPS
avec l’application Google Maps incluse. Précision et vitesse :
rien à dire. Bon travail.
Les premières impressions sont évidemment flatteuses.
HTC réussit un coup de force respectable pour redonner vie à un
système d’exploitation vieillisant. Il ne parvient toutefois pas
(encore) à combler tous les défauts, à commencer par le
manque de convivialité des applications natives, voire leur laideur (critère
purement esthétique, par rapport au reste du marché des OS mobiles
aujourd’hui). Les amateurs de terminaux propres et d’aspect irréprochables
ne vont pas apprécier le Touch Diamond, véritable nid à
poussières et à traces de doigt, phénomène inévitable
vu sa conception “brillante”. Autonomie ? Difficile et délicat
sujet.
En utilisation faible, il doit pouvoir tenir 2 jours. Comptez
une seule journée si vous manipulez régulièrement les fonctions
FM, photos, Internet, email, de votre Diamond.
Ce n’est pas l’”iPhone killer” - expression
d’ailleurs lassante -, même s’il en a la prétention
- de l’aveu des dirigeants de HTC qui se considèrent comme les
seuls à pouvoir rivaliser avec Steve Jobs -, mais c’est un terminal
technologiquement plus avancé que le rejeton d’Apple. Il dispose
d’une plus complète connectique, d’une offre logicielle supérieure
même si elle est moins irréprochable d’un point de vue du
design, d’un appareil photo de bonne qualité et d’une radio
FM RDS. La logithèque et les possibilités d’extension lui
donnent pour l’instant encore un avantage indéniable sur le concurrent
avec lequel il veut se mesurer. Le HTC Diamond inaugure une nouvelle génération
de terminaux Windows Mobile sur un marché où l’humanisation
des interfaces est devenue un critère primordial. HTC y réussit,
vraiment.
Ce qu’il reste à faire et à prouver ? HTC
doit concentrer ses futures mises à jour sur la vélocité
de son interface et sur une extension de celle-ci à des éléments
comme l’écriture de messages (courts ou emails). Le lecteur multimédia
reste poussif : on a peut-être un peu trop maquillé ce bon vieux
Windows Mobile pour qu’il supporte une telle métamorphose en public.
Son prix est équilibré et justifié. Comptez
500 euros.
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