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06/06/2006 : Taxer email et SMS pour financer l'Europe ?.
Comme toujours lorsqu'il s'agit de taxes, le principe est extrêmement
simple et l'instigateur du projet va s'attirer les foudres de bon nombre de
consommateurs. Il s'agit ici d'une proposition de loi, déposée
par Alain Lamassoure, membre de l'UMP et député européen,
visant à instaurer une taxe sur les messages électroniques que
sont les SMS ou les emails, dans le but de contribuer au financement des institutions
de l'Union européenne. Cette taxe, dont le montant serait minime, permettrait
soi-disant de récolter plusieurs dizaines de millions d'euros par an
sans que le changement soit vraiment perceptible pour le consommateur final.

Alain Lamassoure suggère par exemple d'appliquer une
taxe de 0,015 euro (soit 1,5 cent) sur les SMS et une taxe infime de 0,00001
cent sur les courriers électroniques. L'application de ces deux taxes
dans tous les pays de l'Union européenne permettrait de dégager
de substantielles rentrées d'argent, tout en appliquant une sorte d'impôt
européen équitable.
Le député européen avait déjà
évoqué cette idée dans le numéro de décembre
2005 de la Revue Politique et Parlementaire, en expliquant que « l'explosion
des nouveaux moyens de télécommunication devrait conduire les
grands argentiers impécunieux à s'intéresser à cette
création de valeur, aujourd'hui largement épargnée ».
Il y prenait l'exemple des voeux de la nouvelle année, à l'occasion
desquels plus d'un milliard de SMS ont été échanges entre
Européens.
« En faisant jouer à plein la concurrence, il
est possible de réduire le coût d'un tel service pour les usagers,
tout en appliquant l'équivalent moderne d'un droit de timbre. Et là,
de trois choses l'une : ou bien le texto envoie des vœux de Bordeaux à
Lille, et le "timbre" alimente le budget national ; ou bien il relie
Paris et Budapest, et il est affecté au budget européen ; ou bien
l'échange se fait entre Lyon et Singapour, et le prélèvement
pourra servir à financer une politique planétaire », expliquait
Alain Lamassoure.
Si la mise en place de méthodes globales de financement
pour l'Union européenne parait inéluctable, l'instauration d'une
telle taxe sur les échanges électroniques serait extrêmement
difficile. Pour les SMS, l'idée est réalisable puisque les opérateurs
pourraient se charger du versement de cette taxe mais ces derniers, qui se voient
déjà reprocher le coût excessif des SMS, ne devraient pas
se montrer très conciliants. Quant aux emails, comment les taxer de façon
équitable, et qui se chargerait de la collecte ?
Pour être retenue, il faudrait que l'idée du député
français remporte l'adhésion des 25 états membres. D'autres
moyens de financement sont à l'étude (taxe sur les billets d'avion,
etc.), mais, contrairement au pétrole, le champ des NTIC (nouvelles technologies
de l'information et de la communication) présente pour nos élus
l'avantage d'être encore relativement vierge de taxe.
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